• Notions de niches écologiquesLa notion de niche écologique est un concept situant la place et le rôle d'une espèce dans un écosystème, c'est-à-dire qu'elle détermine à la fois son habitat, son régime alimentaire, ses rythmes d'activité, ses relations avec les autres espèces. Cette espèce doit donner des populations viables où le taux de fertilité est supérieur au taux de mortalité ; c'est la faculté à survivre d'une espèce dans un milieu donné.

    Chaque espèce est là où ses instincts, ses besoins et l'évolution l'ont placée. La compétition entre espèces et la sélection naturelle favorisent l'espèce la mieux adaptée à une niche déterminée. L'habitat ne suffit pas à définir la niche écologique d'une espèce ; il faut pour la situer, savoir également ce que mange cette espèce, aux dépens de qui et par qui est elle mangée, sa place dans le réseau des chaînes alimentaires et les conditions nécessaires à sa reproduction, avec qui elle entre en compétition ou avec quels partenaires elle fonde des associations.

    La coexistence est impossible entre deux espèces ayant une niche écologique identique, l'une finira par éliminer l'autre. En revanche, comme il n'y a pas deux espèces ayant des structures, des besoins et des comportements identiques, il existe une étonnante diversité de niches écologiques permettant à l'ensemble des êtres vivants d'exploiter au mieux un milieu et ses ressources. Ainsi des êtres très proches peuvent vivre en bon voisinage dans un milieu restreint tout en évitant la concurrence directe.

    Les différences portent sur la spécialisation alimentaire, le partage de l'espace ou encore le partage du temps. Aussi les plantes printanières, narcisses ou jonquilles, se développent de façon précoce, évitant d'être concurrencées dans leur quête de lumière par le développement du feuillage d'autres espèces. De même, en forêt, des oiseaux prédateurs comme l'autour, cèdent la place, la nuit tombée, aux rapaces nocturnes, chouettes ou hiboux.

    Autres exemples de niches écologiques :

    En forêt, les oiseaux exploitent toutes les strates végétales ; rossignol et rouge-gorge nichent et chassent à terre ; les fauvettes abritent leurs nids dans les buissons ; pics et sitelles vivent sur les troncs d'arbres ; le loriot et l'autour établissent leur nid dans une fourche dans la cime.

    Notions de niches écologiquesLes ajustements sont encore plus subtils si on considère les trois sortes de pics qui partagent volontiers le même arbre ; le pic épeiche exploite le tronc, le pic mar les grosses branches et le plus petit des trois, le pic épeichette, les rameaux.

    De même, dans une pièce d'eau stagnante, trois espèces de punaises aquatiques carnassières vivent sans se gêner ; la nèpe cendrée exploite la vase du fond, la notonecte glauque utilise ses longues pattes postérieures pour ramer et chasser entre deux eaux, le gerris glisse à la surface de l'eau pour y capturer les proies flottantes. Une quatrième espèce, la corise ponctuée vit aussi dans ce milieu mais elle est herbivore.

    Comme les mécanismes naturels sont dynamiques et fluides, au fil des saisons, les différentes niches écologiques d'un écosystème se vident puis se remplissent. Les écosystèmes évoluant, ils se compliquent et permettent l'émergence de nouvelles niches écologiques. Si l'environnement change, la niche écologique change et l'espèce disparaît pour laisser la place à d'autres espèces.

    Un écosystème mûr, où chaque niche est occupée, exploite au mieux les possibilités de son environnement. Il peut y jouir d'une grande stabilité.

    Chemin faisant,

    Pascal Paris
    Chargé de l'environnement - A.N.G.S.F.

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  • Il apparaît comme une nécessité de lutter contre les ravageurs des cultures pour la survie de l'espèce humaine. On estime à près d'un tiers la partie des récoltes mondiales détruite par les espèces nuisibles chaque année, sans parler de millions de personnes contaminées par des maladies qui sont transmises par les insectes.

    La lutte biologiqueDe tout temps , l'homme a cherché à combattre ces fléaux. Dès l'antiquité, on utilisait le soufre et l'arsenic contre les ravageurs ; en 1763 on testait le jus de tabac sur des pêchers envahis par les pucerons.

    Après la première guerre mondiale, on entrait dans le début de l'ère chimique. En 1993, on estimait la consommation mondiale de pesticides à 400 millions de tonnes de produits, soit deux fois plus qu'en 1985 mais surtout 400 fois plus que dans les années 1930.
    La France est le 3ème consommateur mondial de pesticides et le 1er consommateur Européen selon une étude « IFEN pesticides » parue dans « Agriculture ».

    Autour de 6000 substances chimiques autorisées sont homologuées en France. Des données permettent de constater la présence de pesticides dans toutes les phases atmosphériques ; ils sont présent dans l'air, dans l'eau et le sol. Il faut noter aussi que 80 % des produits épandus le seraient en pure perte (manque leur cible ou sont dégradés par des phénomènes naturels).
    L'agriculture biologique propose une lutte alternative en faisant appel à des méthodes plus respectueuse de l'environnement et plus soucieuse de la santé humaine.

    Différentes méthodes peuvent être recensées :


    - L'utilisation de variétés résistantes vis-àvis des ravageurs posant le plus de problème.
    - L'utilisation de mesures prophylaxiques telles que la rotation des cultures sur plus de trois ans ; l'association judicieuse de plantes qui gênent la venue des ravageurs ; l'utilisation de plantes répulsives vis-à-vis de certains ravageurs indésirables ; la pose de voile anti-insectes ou encore le travail du sol qui peut remonter les larves de nuisibles à la surface où elles sont brûlées par le soleil.
    - ChrysopeFavoriser l'accroissement du taux de mortalité d'un ravageur par l'introduction de leurs ennemis naturels et notamment par des lâchers d'insectes parasites, des insectes nuisibles qui vont pondre dans les oeufs ou les larves de ces derniers et effectuer leur développement dans le corps de « leur hôte ».
    - Augmenter la présence de leurs ennemis naturels par la plantation de haies composites, par la création de bandes fleuries ou enherbées, par la pose de nichoirs à oiseaux ou encore la mise en place d'abris divers qui permettent de maintenir sur la parcelle cultivée ces animaux utiles (chrysope, coccinelles, punaise prédatrices...).
    - L'utilisation de différents nématodes parasites qui sont de minuscules vers et qui vont parasiter certains champignons pathogènes du sol, certaines larves souterraines ou encore d'autres nématodes qui eux sont ravageurs des cultures.
    - L'utilisation de micro-organismes pathogènes (bactéries, virus, champignons) qui va infecter et détruire certains ravageurs des cultures.
    - Une autre méthode consiste à mettre en concurrence deux champignons, l'un pathogène et l'autre son antagoniste qui va progressivement se substituer à la souche virulente qui sera éliminée (cas du chancre du châtaigner).
    - Chercher à diminuer le coefficient de natalité des espèces indésirables par l'utilisation d'attractifs sexuels (une concentration minimale de ces phéromones sexuelles permettra d'attirer les insectes dans des pièges ce qui donnera des informations quant à leur niveau de présence et sur l'évolution de leur vol, alors qu'une diffusion importante de ces mêmes phéromones aura pour effet de désorienter les insectes visés qui ne retrouveront pas leur congénère provoquant ainsi l'absence d'accouplement).

    Chemin faisant !

    Pascal PARIS
    Chargé de l'environnement - A.N.G.S.F.

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  • Assimilation chlorophyllienne : La photosynthèse est un processus qui permet aux végétaux d'assimiler le CO2 atmosphérique et de le transformer en matière vivante (sucres) grâce à l'énergie lumineuse, captée par la chlorophylle. Ce phénomène écologique majeur est parfois appelé assimilation chlorophyllienne.

    Autotrophe : Caractérise les êtres vivants capables de se nourrir exclusivement à partir de matière minérale. C'est le cas de tous les végétaux chlorophylliens qui élaborent, grâce à la photosynthèse, leur matière organique (tissus) à partir du CO2 de l'air, d'eau et de sels minéraux puisés dans le sol. Les organismes autotrophes constituent toujours le premier maillon des chaînes alimentaires, quels que soient les écosystèmes considérés.

    Biocénose : Ensemble des êtres vivants qui peuplent un milieu donné.

    Biomasse : La biomasse totale d'un écosystème, c'est la quantité de matière organique qui est présente dans cet écosystème à un moment donné. On exprime généralement la biomasse en tonnes de matière sèche par hectare.

    Biotope : C'est l'ensemble des conditions physiques caractérisant un milieu donné : climat, nature de la roche, nature du sol, exposition au soleil, quantité d'eau disponible...

    Ecologie : Cette science étudie les relations des organismes entre eux, ainsi que des relations de l'ensemble des organismes avec leur environnement. Elle offre une vision globale du monde vivant.

    Espèce indicatrice : Il existe des espèces arbustives ou herbacées qui sont typiques de certains milieux naturels. Leur présence à l'état spontané renseigne sur la richesse minérale ou l'acidité du sol, l'humidité...
    Elles permettent aux spécialistes de reconnaître rapidement les milieux dans lesquels ils se trouvent.

    Hétérotrophe : Caractérise les êtres vivants qui ne peuvent pas se nourrir exclusivement à partir de la matière minérale, et qui ont donc besoin de consommer de la matière organique d'autres êtres pour élaborer leurs propres tissus et se procurer de l'énergie. C'est le cas des végétaux non chlorophylliens et des animaux, dont l'homme.

    Mutualisme : Contrairement à la symbiose, cette association à bénéfice réciproque entre deux espèces vivantes n'est pas absolument nécessaire aux espèces qui la pratique.

    Podzol : Type de sol dont l'évolution est conditionné par un humus brut épais et très acide, à décomposition lente. Il se reconnaît à la présence, à la partie supérieure du profil, d'un horizon de dégradation gris cendreux surmontant un horizon enrichi en matière organique, en aluminium et en fer.

    Saprophyte : Caractérise un végétal qui se nourrit de matière organique morte, présente dans le sol.

    Station forestière : Dans une forêt donné, si le climat général est le même partout, les conditions de vie peuvent varier sensiblement en quelques dizaines de mètres : la nature de la roche géologique et du sol, le climat local, la topographie... engendrent autant d'environnement différents, abritant des communautés particulières, dont le développement et la croissance seront plus ou moins importants.
    Une station forestière est une étendue de terrain dans laquelle les conditions de vie sont homogènes.


    Christophe Gilberton
    Source : La vie de la forêt - Collection ONF

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