• La route des forteresses Vauban

    Une route jalonnée de citadelles et de forts élevés par l'un des plus grands ingénieurs militaires de l'Europe, invitant aux promenades en bateau et à la découverte de quatre régions pleines de richesses.

    Le fort Louvois

    Dans le Cotentin

    L'itinéraire débute sur la côte est du Nord-Cotentin, à Saint-Vaast-la-Hougue, agréable port de pêche et de plaisance. Ses fortifications comprennent les forts de la Hougue et de l'île de Tatihou, situé en face de Saint-Vaast. Lors d'une inspection du littoral en 1686, Vauban nota la position stratégique de la baie de la Hougue, tout en relevant la faiblesse de ses défenses. Il opta pour la construction de deux tours observatoires, du haut desquelles les tirs croisés devaient empêcher tout débarquement.
    Depuis Saint-Vaast, on se rend sur l'île de Tatihou à pied, à marée basse, ou à bord d'un curieux bateau amphibie à roulettes. La route traverse le village voisin de Quette-hou puis file vers le sud en passant par Montebourg, jadis siège d'une abbaye fondée par Guillaume le Conquérant, par le parc naturel régional des Marais du Cotentin, puis par Saint-Lô, élevée sur un éperon ceint de remparts. Elle contourne Avranches et quitte la Manche pour entrer en Ille-et-Vilaine, direction Saint-Malo.

    La côte nord bretonne

    Les remparts qui enserrent Saint-Malo furent par chance épargnés par les bombardements alliés, qui détruisirent la ville à 80 %. Leur origine remonte au XIIe siècle. En 1689, Vauban, pour améliorer le plan de défense de la cité, entreprit de les agrandir et de remplacer les tours par des bastions. Il modernisa également le château, intégré aux remparts, et protégea la baie d'une ceinture défensive : il fit élever le fort de l'île Harbour, le fort royal sur le rocher de l'Islet, qui offre une vue superbe sur la côte et ses îles, le fort du Petit Bé, qu'il décrivit comme "le meilleur de nos forts, et celui qui voit le mieux sur les passes", et le fort de la Conchée, aux allures de puissant vaisseau.
    Ce bouclier prouva son efficacité dès 1695, en empêchant le débarquement d'une escadre anglo-hollandaise au cours de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Dans les Côtes d'Armor, le cap Fréhel est l'un des sites les plus grandioses du littoral breton.

    Du Finistère au Morbihan

    L'itinéraire se poursuit dans le Finistère, avec une première étape à Carentec, station balnéaire de la baie de Morlaix bordée de belles plages de sable. Du bourg, on accède à pied à l'île Callot, propice à d'agréables promenades dans les dunes et les massifs granitiques, et par bateau à l'île du château du Taureau. Vauban reconstruisit un fort élevé en 1542. La route traverse les monts d'Arrée pour rejoindre le port de Camaret-sur-Mer. Erigé en 1689, son fort résista vaillamment aux assauts anglo-hollandais, en 1694, ce qui valut à la cité d'être exemptée de la taxe de fouage perçue sur chaque foyer.
    De Camaret, on accède par bateau à l'île d'Ouessant qui, cernée de récifs, fut le lieu d'innombrables naufrages. Sur cette île du bout du monde, sauvage et charismatique, Vauban éleva le phare du Stiff, l'un des plus anciens encore en activité.
    L'itinéraire se poursuit en direction du Morbihan. Commandant l'entrée de la rade de Lorient, la citadelle de Port-Louis, élevée à la Renaissance, fut remaniée par Vauban. En l'honneur du Roi-Soleil, elle se para d’échauguettes en forme de lys. La route se poursuit vers Quiberon, où une escapade à Belle-Ile s'impose. La citadelle du Palais, élevée sous Henri II, fut renforcée par notre ingénieur grâce à une double enceinte et à de puissants bastions d'angle.

    La côte atlantique

    La route quitte la Bretagne en passant par Vannes, qui abrite un pittoresque centre ancien, puis par Nantes, réputé pour son patrimoine et son animation, pour rejoindre en Charente-Maritime l'Ile de Ré. Entièrement fortifiée par Vauban, Saint-Martin-de-Ré possède une citadelle unique par ses dimensions. Conçue pour abriter toute la population de l'île en cas d'invasion, elle s'entoure de 14 km de remparts. A la pointe ouest de l'île, le phare des Baleines jouxte l'ancienne tour des Baleines voulue par Vauban. La route longe la côte en direction de Rochefort.
    Cette remarquable cité fluviale, nichée dans une boucle de la Charente, fut bâtie ex nihilo sur ordre de Louis XIV, qui voulait en faire le plus beau port de guerre d'Europe. Si Vauban participa à peine à sa construction, son empreinte en revanche se lit dans la rade, notamment dans la ville voisine de Fouras, où le donjon médiéval s'entoure de fortifications érigées à son initiative, et dans l'Ile d'Aix, au large de cette cité.
    La route se poursuit vers le sud en direction de Bourcefranc-le-Chapus, protégé par le fort Louvois, avant de gagner l'île d'Oléron et sa puissante citadelle. A 130 km au sud, par Marennes et Saintes, elle gagne Blaye et son immense citadelle de 38 ha dominant majestueusement l'estuaire de la Gironde.

     

    Christophe GILBERTON
    Source : Routes de France - Géo Book


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