• La route du foie gras en Périgord

    Le Périgord se décline en quatre couleurs. Il est vert autour de Nontron, blanc près de Périgueux, pourpre à Bergerac, noir enfin du côté de Sarlat-la-Canéda. Partout, les gourmets amoureux du foie gras vont en voir de toutes les couleurs.

    Place des Trois-Oies à Sarlat-la-Canéda

    A travers le Périgord vert

    Nontron, au nord du département de la Dordogne, est le cœur du Périgord vert, celui des forêts qui forment le parc naturel Périgord-Limousin. Depuis le Moyen Age, le village est réputé pour les couteaux que l'on y fabrique. Sa tour carré, aux allures médiévales, ne date pourtant que du siècle dernier. Plus ancien, son château abrite le Pôle expérimental des métiers d'art, où les techniques d'autrefois trouvent de nouveaux usages grâce au travail des designers d'aujourd'hui. Le jardin des Arts est un autre intérêt du village. On y cultive des végétaux venus des cinq continents.
    Près de Nontron, Villars mérite une escapade pour sa grotte ornée de peintures préhistoriques et pour son château de Puyguilhem, dont l'architecture rapelle celle des châteaux de la Loire. Une autre échappée mène à Brantôme, surnommée la "Venise du Périgord" à cause de sa rivière, la Dronne, qui cerne son centre-ville pour en faire une île. Les gourmands s'arrêteront chez Vincent Bouffier pour découvrir ses foies gras, ses confits et bien d'autres délices.

    Escale dans le Périgord blanc

    Au sortir de Brantôme, la D 939 mène à Périgueux, capitale du Périgord blanc, pour la teinte de son sol calcaire. Les rues laissent deviner la richesse acquise par les marchands de l'époque médiévale et de la Renaissance. La ville en a conservé de belles maisons à pans de bois, des hôtels particuliers. Périgueux a su également tirer le meilleur parti de sa rivière, l'Isle, aménagée d'une Voie verte et d'une Voie bleue, à parcourir au choix à pied ou en canoë. Plantée au sommet d'une petite colline, dans le quartier historique, la cathédrale au plan en croix grecque est dédié à saint Front, qui évengélisa le Périgord au Moyen Age. Ses couleurs rappellent celles du Sacré-Cœur, ce qui s'explique aisément, puisque c'est l'architecte de la basilique de Montmartre, Paul Abadie, qui en assura la restauration.
    Le sommet de la tour Mataguerre permet de les admirer. Plus loin, un petit périmètre abrite l'église romane Saint-Etienne de la Cité, l'amphithéâtre romain du jardin des Arènes et les ruines du château Barrière. La ville possède d'intéressants musées. Celui d'Art et d'Archéologie du Périgord présente des collections variées qui courent de la préhistoire à l'époque contemporaine.
    Côté gourmandise, il faut se rendre dans les exploitations agricoles des environs pour découvrir les poussinières et les canards élevés en plein air. On en trouve notamment dans le joli village de La Douze qui abrite le lycée agricole où se forment les producteurs de demain.

    Le Périgord pourpre

    Depuis Périgueux, la N 21 se dirige vers Bergerac, et les vignes qui couvrent les environs l'ont désigné comme Périgord pourpre. Savinien de Cyrano, son célèbre cadet immortalisé par Edmond Rostand, y est honoré par deux statuts à découvrir entre l'église Notre-Dame et la Dordogne, dans le cœur Renaissance de la ville. Le cloître des Récollets, fondé par les Franciscains en 1630, abrite de nos jours la Maison des vins de Bergerac.
    Autre ville, autre vin : Monbazillac se trouve à quelques kilomètres au sud, et il serait dommage de ne pas partir à la découverte de son vin liquoreux, issu des vendanges tardives. A Sigoulès, le maître artisan Jean-Claude Chirol élabore les foies, magrets et confits Edmond de la Closerie. A Ribagnac, le château de Bridoire est une splendeur médiévale que le XIXe siècle a profondément modifiée.

    Les saveurs du Périgord noir

    Divers itinéraires permettent de rejoindre Sarlat-la-Canéda depuis Bergerac. En chemin, prévoir des arrêts gourmands chez Arvouet, dans le village duBuisson-de-Cadouin, où à La Ferme de la Rivière, à Saint-Agne dans le pays des Bastides. Voici Sarlat, cœur du Périgord noir, celui de la truffe, l'autre atout gastronomique de la région. On en retrouve sur les étals du marché, à côté de toutes spécialités régionales.
    De ruelles en placettes, l'émerveillement est permanent. Pour avoir une idée du mode de vie des riches Sarladais des temps passés, il faut se rendre sur la place des Oies, dans le secteur sauvegardé de la vieille ville. Dans les deux corps de bâtiment du manoir de Gisson, les appartements reconstitués font revivre une ambiance médiévale. La visite se poursuit dans les caves voûtées, qui abritent un magnifique cabinet de curiosités.
    Dans les environs de la ville, les bonnes adresses gourmandes abondent. Pas moins d'une douzaine de producteurs y dévoilent leurs trésors dont les foies gras Teyssier, Sourbé, Crouzel, les Maisons Lembert, Jouve et Pelegris, la Conserverie du Manoire, les Délices de Turnac...

     

    Christophe GILBERTON
    Source : Routes de France - Géo Book


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :