• Le désert de Platé

    Un univers minéral unique

    Le désert de Platé

    Visible depuis le haut du téléphérique des Grandes Platières de Flaine, le désert de Platé déploie sur près de 45 kilomètres carrés le plus vaste champ de lapiaz d'Europe. Compris entre 2 000 et 2 500 mètres d'altitude, ce plateau calcaire est devenu, avec les aiguilles de Warens et la montagne de Véran tout proches, site classé depuis 1998.

    Dominé par la chaîne du Mont-Blanc, le désert de Platé ressemble à un morceau de sol lunaire déposé là par quelque géant facétieux. Le contraste est grandiose entre les sommets enneigés avoisinants et ce désert minéral, royaume d'une roche aux teintes grises et bleues. Hors saison, quand le téléphérique ne fonctionne pas, les randonneurs doivent marcher trois heures avant d'accéder aux premiers lapiaz.

    Un balcon calcaire aux formes surprenantes
    Situé au nord du plateau d'Assy, ce désert doit son aspect actuel à une accumulation lente de calcaires, nés à l'époque du crétacé et qui se sont fissurés lors du soulèvement des Alpes. Le plateau tout entier, vaste replat karstique dominant la vallée de l'Arve, correspond au fond de l'océan qui, il y a plusieurs dizaines de millions d'années, s'est trouvé projeté à 2 000 mètres d'altitude. Au fil des siècles, le ruissellement de l'eau sous les glaciers a donné naissance à d'innombrables roches aux formes sculpturales, tranches ou arrondies, et surtout totalement dénudées. L'ensemble constitue un paysage d'une âpreté spectaculaire.

    L'association de l'eau et du gaz carbonique
    Après avoir été mise à nu et nivelées par les glaciers, les roches de ce plateau d'altitude ont été érodées par la neige, le gel et surtout le ruissellement lent et incessant des eaux. La dissolution calcaire, due à l'action de l'acide carbonique formé par l'eau et le dioxyde de carbone, a provoqué cette richesse de formes, encore accentuées par la présence de mousses et de lichens qui accélèrent la corrosion chimique.

    Environnement minéral
    Le désert de Platé mérite bien son nom : aucun arbre ne vient animer le paysage, ponctué seulement de quelques chalets d'alpage et de sentiers de randonnées. De rares espèces végétales particulièrement adaptées à ce type de zone rocheuse d'altitude parviennent à survivre, telles les orchidées, les gentianes ou les fougères. Plusieurs animaux spécifiques à la haute montagne, comme le bouquetin, le chamois, l'aigle royal ou encore les tétras-lyre, les gélinottes et les bartavelles, y ont trouvé refuge.

     

    Christophe GILBERTON
    Source : Les 100 plus beaux sites sauvages de France - Editions Atlas


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