• Le massif des Aiguilles-Rouges

    Observatoire de la faune et de la flore alpines

    Le massif des Aiguilles-Rouges

    Ensemble montagneux des Alpes françaises du Nord, le massif des Aiguilles-Rouges barre les confins sud-est du département de Haute-Savoie en un impressionnant défilé de sommets acérés. Culminant au Belvédère, à 2 965 mètres d'altitude, les Aiguilles-Rouges constituent un univers minéral dont l'austérité est adoucie par des trésors de faune et de flore.

    Sur la rive droite de l'Arve, faisant face au légendaire massif du Mont-Blanc dont il est séparé par le synclinal de Chamonix, le massif des Aiguilles-Rouges aligne en une cadence infernale ses flèches rocheuses impitoyablement effilées. Nul glacier ne vient briser ce paysage lunaire, où la nature revêt un caractère particulièrement sauvage.

    Un massif cristallin
    Constitué il y a plus de 300 millions d'années, le socle cristallin du massif des Aiguilles-Rouges s'est couvert de sédiments lorsqu'il fut plus tard englouti sous les mers. Lors du soulèvement des Alpes, à l'ère tertiaire, sa couverture sédimentaire a basculé vers l'ouest, formant une arête continue d'orientation nord-est/sud-ouest dévoilant de larges affleurements cristallins. L'attitude élevée a laissé le champ libre à la puissance érosive : les sommets ont été implacablement déchiquetés, projetant au bas des fortes pentes des amas de matériaux éboulés.

    Sculptures glaciaires
    L'époque glaciaire a laissé de nombreuses traces dans la massif des Aiguilles-Rouges, notamment sous la forme de petits lacs d'altitude et de tourbières acides qui comblent désormais d'anciens cirques glaciaires. Roches moutonnées et moraines, témoins des débris entraînés par des glaciers aujourd'hui disparus, sont également présentes. En quittant les plus les plus hautes altitudes où dominent pierriers et éboulis de formation récente, l'étage subalpin est marqué par l'apparition de la lande à genévriers. Celle-ci est peu à peu supplantée par les forêts touffues d'épicéas et de sapins de l'étage montagnard.

    Un réservoir naturel
    Depuis 1974, le massif est protégé par le statut de réserve naturelle, afin de sauvegarder quelques 575 espèces végétales - telles la gracieuse ancolie des Alpes, aux pétales dessinés en éperon recourbé, la laîche des tourbières avec ses feuilles coupantes et ses fleurs en épi, les saxifrages qui croissent dans les fissures des rochers. Les chamois et les aigles royaux sont les incontestables maîtres des lieux : ils n'effraient pourtant pas les étonnantes colonies de papillons présentes sur le site (apollons, solitaires...) ni les quelque 70 espèces d'oiseaux nicheurs, hôtes des Aiguilles-Rouges (merles de roche, tétras lyre, lagopèdes alpins, pics tridactyles).

     

    Christophe GILBERTON
    Source : Les 100 plus beaux sites sauvages de France - Editions Atlas


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :