• Les fleurs de l'Atlantique

     > Le golfe du Morbihan

    Randonnée : 3 km aller-retour - départ de Séné

    Deux possibilités s'offrent à vous. Si le niveau d'eau est bas - cela dépend de la marée -, longez la haie en restant sur le sentier. Mais vous pouvez également descendre de l'autre côté du talus, et longer la vasière jusqu'à la digue.

    Les rois de la haie

    Le prunellierLe prunellier est l'essence dominante de la haie. Cet arbrisseau est reconnaissable à son tronc de couleur brun-noir, qui lui a donné son autre nom d'« épine noire ». Le fruit, une petite boule noir bleuté, sert à la fabrication d'une liqueur.
    Environ 50 m après votre point de départ, vous observerez le fusain d'Europe. Il est très présent dans la haie ; vous l'identifierez, en automne, à la très belle couleur de ses feuilles et à ses fruits, toxiques, d'un rose éclatant, en forme de bonnet d'évêque. Le fusain utilisé en dessin provient du bois carbonisé de cette espèce. Utilisant branches et troncs comme supports, la garance voyageuse pousse sur certains des arbustes de la haie. Au sol, dans l'ombre et l'humidité du talus, vous aurez l'occasion d'admirer le gouet maculé et l'ombilic, aux feuilles rondes et charnues.

    Les fleurs de la vasière

    L'aster maritimeLa vasière, tout au long de votre balade, constitue un biotope très particulier. Seuls quelques végétaux sont capables de faire croître leurs racines dans ce sol sableux - la circulation d'eau y est très difficile - et d'absorber ainsi leur nourriture minérale. Ces plantes doivent non seulement résister au sel, mais aussi au va-et-vient de l'eau de mer.
    Les étendues de hautes herbes qui poussent en bordure de la vasière sont les spartines maritimes. Elles forment, en certains endroits, de véritables pelouses. Vous pourrez observer la spartine d'Angleterre sur les près-salés devant la digue du marais. Un peu plus en retrait de la mer, vous découvrirez un buisson bas de couleur grise : l'obione. Les jolies petites fleurs bleues sont celles de l'aster maritime. Cette plante est une composée
    : ses fleurs, en apparence uniformes, sont constituées en réalité de nombreuses petites inflorescences individuelles. En juillet, les statices, ou lavandes de mer, ajoutent elles aussi une touche de bleu au paysage. Ces fleurs, qui restent très belles lorsqu'elles sont sèches, sont malheureusement victimes d'une cueillette importante.

    L'aubépine et le scirpe

    Le scirpe maritimeEn continuant le long du sentier, vous atteignez une digue séparant la vasière d'un bassin (ancien purgatoire). Vous pourrez admirer ici de magnifiques églantiers. En automne, leurs fruits rouges sont un régal pour les merles et les grives. Goûtez-les vous aussi, ils sont très riches en vitamine C. Sur cette digue pousse également la betterave maritime, ancêtre de betterave que vous consommez aujourd'hui.
    Dans le bassin, cherchez le scirpe maritime. ses tiges, à la forme triangulaire, se dressent en touffes rigides. Le jonc des près-salés, lui aussi présent, est reconnaissable à ses tiges vert vif. Il est plus grêle et plus petit que le scirpe. de l'autre côté de la digue, un petit banc vous invite à faire une pause avant de prendre le chemin du retour.

     

    Les Charentes

     > La baie de Bonne-Anse

    Randonnée : 8 km aller-retour - départ de La pointe de La Coubre (communes des Mathes et de la Tremblade)

    La baie de Bonne-AnseUne flèche sableuse de près de 4 km ferme la baie de Bonne-Anse, au sud du phare de La Coubre. C'est une réserve naturelle en cours de création. Ici, la mer et le vent conjuguent leurs efforts pour modeler un milieu au sein duquel l'évolution géomorphologique est rapide.

    Vous allez cheminer entre la vasière et la dune. Vous aurez ainsi, en permanence, deux types de végétation à observer.
    Dès que vous entrez dans la baie de Bonne-Anse, notez la présence de touffes de spartines de Townsend. Cette graminée de la slikke (la vasière régulièrement recouverte par les marées) fixe la vase apportée par la mer. Vous commencez à longer le schorre, le pré salé qui, contrairement à la slikke, n'est submergé que lors des plus grosses marées. Les espèces végétales s'installent ici en fonction du taux de salinité.

    Curiosités du schorre

    Les plantes qui se trouvent au pied de la dune sont alimentées en eau douce par la pluie qui s'infiltre dans le sable. Ainsi s'explique la présence du roseau, de plusieurs espèces de jonc (jonc à feuilles piquantes, jonc maritime, jonc de Gérard), ainsi que du scirpe maritime.
    La partie haute du schorre constitue un milieu intermédiaire, au sein duquel vous rechercherez les espèces des prés salés : les graminées y sont nombreuses. On compte, parmi elles, la glycérie maritime et le chiendent littoral, ainsi que deux petits leptures (lepture raide et lepture courbe). Vous remarquerez aussi l'inule à feuilles de crythme, aux petites feuilles serrées les unes contre les autres, et plusieurs saladelles, plus spectaculaires par leur floraison estivale.
    Enfin, les secteurs plus salés, ou encore les fossés dans lesquels la mer remonte régulièrement, vous offriront des tapies d'obione, mêlés à la soude maritime et aux salicornes.
    Observez les plantes halophytes (de milieu salé) : il s'agit fréquemment de plantes grasses. Leurs feuilles sont chargées de réserves d'eau douce. En effet, même si ces végétaux vivent les pieds dans l'eau saumâtre, ils ne l'absorbent pas.

    Aux couleurs de la dune

    Liseron des dunesLa dune est sans doute moins riche en espèces, les plantes ne couvrant pas le sol de la même manière que la végétation rencontrées précédemment.
    En juin et juillet, vous pourrez faire de magnifiques photographies. Comment résister aux superbes ombelles bleues du panicaut des dunes, chardon symbole du Conservatoire du littoral. Le liseron des dunes, avec ses grandes fleurs roses, et la couleur jaune de l'onagre à grandes fleurs attireront votre regard. Vous aurez peut-être la chance d'observer deux plantes qui bénéficient d'une protection nationale, et qui, ici, ne sont pas forcément très rares : l’œillet des Gaules et la linaire à feuilles de thym. Cette odeur puissante qui vous chatouille parfois les narines est celle d'une plante aux magnifiques fleurs jaune d'or : l'immortelle des dunes. Son parfum se mêle à celui de l'euphorbe des dunes.
    Lorsque vous atteignez l’extrémité de la flèche, revenez par la plage. En vous rapprochant du haut du rivage, vous observerez une nouvelle végétation, notamment le cakilier, l'arroche littorale et le chiendent des dunes.

     

    Les Pyrénées-Atlantiques

     > Le domaine d'Abbadia

    Randonnée : boucle de 5 km - départ du domaine d'Abbadia (entre les communes d'Hendaye et de Saint-Jean-de-Luz)

    Morelle douce-amèreVous pénétrez dans le domaine d'Abbadia, presque sans transition avec l'agglomération de Saint-Jean-de-Luz. La volonté d'Antoine d'Abbadie, un érudit du XIXe siècle, conjuguée à l'action du Conservatoire du littoral, vous permet de jouir de ce site sauvage sur côte convoitée. Le fracas des vagues d'un côté, des milieux naturels variés de l'autre composent ce tableau d'une nature préservée.
    Passé l'entrée, des lotiers corniculés jaunes, reconnaissables à la forme qui leur vaut le surnom de « pieds-de-poule », s'épanouissent au bord du chemin bordé de prairies.
    Des mauves aux pétales bien échancrés viennent s'y mêler. Pour compléter ce spectacle harmonieusement coloré, la vénéneuse douce-amère enlace quelques arbousiers, arbustes ornés de petites cloches blanches ou de baies rouges et verruqueuses, selon la saison.

    De la benoîte commune
    à l'orchidée sauvage

    Les fleurs de l'AtlantiqueVous dépassez la ferme, typiquement basque (nekatoenea), appelée Maison de la Lande. Plus loin se dresse fièrement le château d'Abbadie. Il est temps de prendre vers la falaise, que vous longerez, avant de revenir plus tard sur ce chemin principal. Entre les terrains dégagés et les sous-bois poussent « l'attachante » garance voyageuse et la benoîte commune, caractérisée ses fleurs jaunes et ses fruits ressemblant à des chardons.
    Vous passez devant le verger conservatoire, dont la mission est de préserver des variétés fruitières anciennes et locales qui aujourd'hui ne sont plus cultivées. Dans ce paysage paradisiaque s'épanouissent les pinceaux rosacés des centaurées et les chèvrefeuilles odorants. Le long de la falaise, vous cheminez à travers des landes et de véritables tunnels forestiers. Ceux-ci, qui abritent les promeneurs du soleil et des petites pluies, rendent la balade agréable par tous les temps. Quelques blockhaus, vestiges de la seconde Guerre mondiale, sont heureusement reconquis par une végétation luxuriante, dont le petit houx et l'aulne de Corse.
    De retour sur l'allée principale, au milieu des rosiers sauvages, pointent les épis serrés et violets des brunelles et les grappes de fleurs roses des bugranes rampantes. Vous pourrez observer une dizaine d'orchidées sauvages, espèces protégées, reconnaissables le plus souvent à leur lèvre inférieure particulièrement développée. A ce stade de la balade, vous pouvez choisir d'aller vous baigner dans la baie de la Loya avant de continuer. Attention cependant, il faudra remonter le sentier abrupt !

    Un environnement propice
    aux plantes humifères

    MillepertuisSurplombant l'une des dernières plages sauvages accessibles de la Côte basque s'étend le territoire des fougères. Mêlé à celui des embruns, leur parfum donne au site un petit air breton. De nombreuses espèces témoignent d'ailleurs de l'humidité ambiante : les véroniques des montagnes bleu pâle, les millepertuis jaune vif aux étamines saillantes, ou encore la grande fleur de l'arum, lovée dans sa spathe vert pâle (la spathe est la grande feuille qui enrobe la fleur).
    Vous pouvez vous aventurer jusqu'au bout du domaine, en longeant la côte ou en empruntant les sentiers vers l'intérieur, avant de rebrousser chemin. Sur le retour, amusantes et faciles à reconnaître ça et là, guettez les petites têtes rose foncé, bulbeuses et odorantes, de l'ail des vignes
    .

     

    Christophe GILBERTON
    Source : Balades dans la France des fleurs - Editions France Loisirs


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