• Les galles des végétaux

    Les galles des végétauxIl suffit d'être un peu observateur pour remarquer sur certains végétaux des excroissances comportant des morphologies très diverses ; ce sont des galles. Bourgeons déformés, protubérances colorées, boursouflures, masses échevelées à la surface des plantes ou sphères parfaites aux couleurs chatoyantes, elles ont depuis toujours frappé l'imagination.
    Ces formations particulières constituent une réaction du végétal à la présence d'un hôte parasite qui va vivre à ses dépens. La plante différencie des tissus spécialisés strictement d'origines végétales au sein desquels le parasite puise les substances nutritives assurant son développement.

    Dès l'antiquité, certaines galles étaient utilisées pour divers usages. L'extraction des tanins de «la noix de galle» du chêne permettait le tannage des cuirs et la fabrication d'encre noire.
    En Chine, d'autres galles servent depuis des millénaires à la fabrication de laques. La galle du lierre terrestre (Glechoma) entre dans la composition de bouquets secs tandis que la galle de l'églantier (Bédégar) constituait un «tabac» pour la pipe une fois réduite en miettes.

    D'autres galles ont encore été utilisées à des fins thérapeutiques : cette même galle de l'églantier était utilisée contre les troubles digestifs et les affections urinaires alors que la galle du chardon, une fois desséchée était portée dans une poche pour remédier aux hémorroïdes et à certaines fièvres.

    Il existerait plus de 15 000 parasites gallicoles. Ces parasites sont extrêmement variés et se recrutent dans le monde végétal et dans le règne animal. Ils peuvent atteindre tous les organes du végétal avec principalement les feuilles 65%, les tiges 20%, les bourgeons 10% et enfin l'ensemble fleurs, fruits et racines 5%.

    On peut citer quelques exemples d'agents pathogènes provoquant la formation de galles :


    • Les virus (0.5%) avec la déformation des rameaux du saule appelée « balai de sorcière ».
    • Les vers nématodes (0.5%) provoquent des boursouflures sur les racines des rosiers.
    • Les bactéries (1%) provoque une galle ou tumeur au niveau du collet du pêcher «Crown gall».
    • Les champignons (14%) avec notamment les galles sur les épis de maïs qui provoquent des boursouflures bleutées.
    • Les acariens (15%) avec pour exemples les galles ovoïdes terminées en pointe sur les feuilles du hêtre dues à une minuscule mouche ou les galles de l'aulne qui donnent de petites excroissances rouges légèrement pédonculées et qui sont dû à un acarien du genre «phytopte» :
    • Les insectes (69% ) :

    - La galle spiralée sur la feuille du peuplier provoquée par un puceron.
    - La galle en artichaut sur le bourgeon de l'if provoquée par une minuscule mouche.
    - La galle en ananas sur les épicéas provoquée par un puceron.
    - La galle résineuse fusiforme, de 2 à 3 cm de long sur les rameaux du pin qui abrite une chenille de papillon.
    - La galle en forme de bille ou de noix sur le chêne provoquée par un hyménoptère de 5 mm.
    - La galle en forme de lentille sur la feuille du chêne provoquée par un autre hyménoptère.

    On trouve des galles non seulement sur la plupart des plantes sauvages, dans tous les types de végétation (forêt, sous bois, talus, prairies...) mais aussi sur les plantes cultivées, dans les jardins et sur les arbres des villes.
    Pour découvrir l'origine de la galle, il suffit, lorsqu'elles sont jeunes, de les couper en deux parties. Si la galle est d'origine animale, on observera des cavités intérieures occupées par des larves ou des nymphes dans le cas d'insectes ou bien une importante population d'acariens observable avec une loupe binoculaire.

    Les galles sont une manifestation originale de la nature ; elles sont rarement néfastes (la plante parasitée développerait une stratégie pour emprisonner les insectes dans un cocon nourricier qui protègerait ainsi le reste des feuilles, producteur de la photosynthèse, assurant ainsi la pérennité de l'espèce). Sachons simplement les découvrir et percer leurs secrets.


    Chemin faisant !

    Pascal Paris
    Chargé de l'environnement - A.N.G.S.F.

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