• Villages de France

    Découvrez différents villages de France au grès de vos balades sur le Grand Sentier de France.

    NORMANDIE

    Qu'ils coiffent des buttes comme le Mont-Saint-Michel, qu'ils s'établissent dans le bocage, au bord de la mer ou dans la vallée de la Seine, les villages normands entretiennent un rapport étroit avec l'eau. Ils se protègent du vent et de l'humidité. Du Cotentin au pays de Caux, toutes sortes de matériaux locaux sont utilisés : pierre schisteuse, pans de bois et granit pour l'encadrement des portes et des fenêtres.

    Le Mont-Saint-Michel. L'histoire raconte que l'archange saint Michel serait apparu en songe à l'évêque d'Avranches, Aubert, lui ordonnant de construire un sanctuaire sur le mont Tombe, ce qu'il fit. Du VIIIe au XVIe siècle, l'abbaye, magnifique chef-d'½uvre de granit, fut sans cesse agrandie, fortifiée, embellie et visitée inlassablement par les pèlerins de la chrétienté.
    Aujourd'hui, "la Merveille de l'Occident" apparaît superbement restaurée dans toute sa majesté. On arpente la Grand-Rue bordée de boutiques de souvenirs comme dans tout lieu très touristique mais surtout de superbes demeures de granit gris qui s'agrippent au rocher cachant de petites cours et de ravissants jardins.
    En suivant les remparts, on grimpe jusqu'au "vrai Mont, l'abbaye, merveille du du XIIIe siècle, qui s'étage sur trois niveaux : l'élégant cloître et le réfectoire (XIIIe-XVe s.), la salle des Hôtes et la salle des Chevaliers (XIIIe s.), le cellier et l'aumônerie.

    Honfleur. Port de commerce maritime et fluvial situé à l'embouchure de la Seine, Honfleur est resté en son c½ur un vrai village. Commencez la promenade par le Vieux-Bassin et ses bateaux de pêche, admirez les maisons du quai Sainte-Catherine, de petits chefs-d'½uvre, entièrement cuirassées d'ardoises patinées par le temps. Voyez la Lieutenance, seul vestige des fortifications détruites par Louis XIV pour pouvoir agrandir la cité. Visitez les greniers à sel créés par Colbert et le Manoir vigneron qui abrite le musée. N'oubliez pas les deux églises : Sainte-Catherine, à nef double, construite entièrement en bois aux XVe et XVIe siècles, et Saint-Etienne, au clocher recouvert de tuiles de châtaignier.

    Houlgate. Niché dans le vallon du Drochon, entre Seine et Orne, Houlgate, "le chemin du trou", appartient au chapelet de plages chics qui s'égrènent le long de la côte normande. En 1854, à la belle époque de la découverte des bains de mer, la cité attira la plus sérieuse des clientèles du monde des affaires. C'était l'époque de la construction des grandes villas, de l'édification du "Grand Hôtel" (1870), dont la rotonde d'angle couronnée d'un dôme faisant l'admiration générale.
    Sa plage de sable très fin attira des touristes célèbres, le prince Napoléon, l'impératrice Alexandra Fiodorovna de Russie, le roi de Naples...
    Houlgate conserve toujours le charme de cette époque, avec sa digue-promenade, ses parcs fleuris et ses maisons typiques de l'architecture balnéaire du XIXe siècle. Admirez aussi, route de la Vallée, un pur joyau normand, l'étonnant manoir de Beuzeval.

    Etretat. A la fin du XXe siècle, oubliant son passé de simple bourgade de pêcheurs, Etretat recevait le Tout-Paris : Maupassant s'installait à la Guillette, Offenbach tenait salon à la villa Orphée, Hermine Lecomte du Noüy se croyait dans un décor d'opéra-comique.
    Etretat et ses falaises restent aujourd'hui l'un des sites les plus visités de la Normandie. Entre ses deux portes naturelles, la porte d'aval à l'arche naturelle ponctuée de son aiguille, et la porte d'armont avec, à son sommet, la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde et le monument dédié à Nungesser et Coli, le village s'est agrandi de part et d'autre du casino.
    Sa vieille halle normande, surmontée d'un fin clocheton, fait office de c½ur stratégique à partir duquel les nombreux touristes s'égaillent pour admirer les villas à tourelles, ou pour se balader le long de la digue-promenade dédiée à Claude Monet.

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    LORRAINE et ALSACE

    Pays haut de Briey

    Les plateaux du Pays haut de Briey s'étendent des marches des Ardennes aux côtes de Moselle. C'est une terre de pairies et de forêts où les villages s'établissent au creux des vallées.
    Depuis toujours, l'habitat se concentre en gros bourgs, non par désir de protection, mais pour des raisons de commodités communautaires.

    Avioth. Le village coiffe un promontoire d'une côte de l'humide vallée de la Chiers. Au XIIe siècle, des bergers découvrirent une statue de la Vierge qui devint vite l'objet d'une grande piété.
    Bernard de Clairvaux vint lui-même se recueillir devant l'effigie miraculeuse.
    La basilique gothique (XIIIe-XVe s.) doit sa taille imposante à l'importance du pèlerinage d'Avioth. Elle est précédée de la "Recevresse", un petit édicule de style gothique flamboyant destiné à recevoir des offrandes des fidèles.
    Les maisons s'ordonnent autour et en contrebas du grand sanctuaire religieux. L'humilité des plus modestes d'entre elles contraste avec les fastes de la basilique. Les demeures d'Avioth forment un ensemble urbain typiquement lorrain. On remarquera notamment les murs recouverts d'un épais crépi et les grands toits largement inclinés, qui accentuent l'aspect trapu de ces grosses bâtisses paysannes.

    Woëvre

    La plaine de Woëvre forme une étroite bande de terre plate entre les côtes de Meuse et les côtes de Moselle. La monotonie du paysage est rompue par l'émergence de buttes et l'encaissement soudain de vallées verdoyantes.

    Marville. Sur un promontoire entre la vallée de l'Othain et du Crédon, Marville domine une campagne bocagère abondamment arrosée.
    Le site était déjà occupé à l'époque gallo-romaine. Préservant une neutralité habile, la cité profita de son rôle de ville-frontière et s'enrichit avec le commerce du drap et du cuir.
    Elle vécut pendant un siècle sous domination espagnole, qui lui laissa plusieurs demeures du XVIe-XVIIe siècle. Grimpant la butte, la grande rue longe d'élégantes façades édifiées à partir de la Renaissance. Elle traverse une rivière dominée par des granges à pans de bois sur un soubassement de briques, puis monte au sommet du bourg où s'élève l'église gothique Saint-Nicolas, avec son élégant clocher à bulbe typique de la région.

    Saulnois

    Les paysages du plateau lorrain et son prolongement, le Saulnois, sont peu variés.
    Du Pays messin aux premières pentes des Vosges, les villages s'effilochent le long d'une rue unique. Les fermes rurales sont de robustes constructions aux murs de crépi ocre.
    S'ouvrant par une monumentale porte charretière en plein cintre, elles donnent sur "l'usoir", espace qui servait à entreposer les réserves de bois et de fumier.

    Marsal. Le bourg est établi non loin de Vic-sur-Seille, patrie de Georges de la Tour, sur une ancienne voie romaine. Il émerge comme une oasis humaine au milieu d'une campagne isolée et autrefois marécageuses.
    Le village n'a guère eu à se soucier d'espace pour s'étendre. Il a dispersé ses maisons autour de larges rues, selon un plan annulaire défendu par une enceinte de Vauban démantelée après la guerre de 1870.
    Marsal garde de nombreux témoignages de son passé de cité militaire. L'entrée dans le village s'effectue par la porte de France, où un musée retrace l'histoire de l'exploitation du sel, l'une des activités traditionnelles du bourg. Les rues sont bordées de maisons anciennes dont certaines datent du XVIIIe siècle. Comme les casernes à l'extrémité du bourg, ce sont de grands logis de pierre de taille couverts de grands toits inclinés.

    Côteaux du Haut-Rhin

    Ces hauteurs dominant la plaine sont par excellence la terre de grands vignobles d'Alsace.
    Les maisons différent des autres demeures alsaciennes par certains détails liés à leur activité viticole. Le rez-de-chaussée, en maçonnerie et pierre de taille, abrite le pressoir et la cave. On accède à l'étage de l'habitation par un escalier extérieur qui donne sur la cour.

    Riquewihr. On ne présente plus Riquewihr, charmant petit bourg alsacien produisant l'un des meilleurs riesling d'Alsace. Le village, dont la richesse attisait la convoitise des puissants, se donna des remparts et une forteresse qui ne permirent pas toujours d'empêcher les pillages.
    A chaque fois, les vignerons reconstruisirent les demeures encore plus élégantes. La physionomie du village est celle que lui a laissé le XVIe sècle. Le Dolder, porte de ville du XIIIe siècle, donne accès à l'ancienne grande rue sur laquelle se greffe un réseau de ruelles.
    Le type de la maison alsacienne atteint à Riquewihr son expression la plus aboutie. Qu'elles se nomments Liebrich, Brauer, Schaerlinger, Kiener ou Dissler, elles offrent toutes les déclinaisons possibles de colombages sculptés, d'oriels, de cours intérieures agrémentées de vieux puits et de fontaines.
    La maison Preiss-Zeimer, ancienne hostellerie, frappe par l'exubérance baroque des ses colombages. Construite à la fin du XVIIe siècle, elle servait de lieu de réunion à la puissante corporation des vignerons de Riquewihr.

    Villages de France

    VALLEE DU RHONE et ALPES

    De la Savoie à l'Ardèche et à la Drôme, les villages s'agrippent aux flancs ensoleillés des Alpes et se postent en sentinelle sur la vallée du Rhône.
    Aux hameaux de chalets alpins succèdent des bourgs fleurant déjà bon la Provence.

    Alpes

    De la Maurienne au Queyras, les villages s'établissent sur des adrets, flancs les plus ensoleillés des montagnes, ou surveillent d'étroites voies naturelles de communication.
    Formés de hameaux dispersés parmi les mélèzes et la roche, ils s'étirent en long ruban de grands chalets abondamment garnis de bois.

    Abondance. Dans toute la vallée de la Dranse, l'organisation sociale et économique a été l'½uvre de l'abbaye d'Abondance, l'une des plus anciennes de Savoie. Filiales de St-Maurice-d'Agaune, en Bas-Valais, ce sanctuaire de la dynastie de Savoie apparaît en 1108 et devient rapidement une abbaye de l'ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin.
    L'église abbatiale (XIIIe s.) a été en partie reconstruite après un incendie. Elle a conservé de nombreuses parties anciennes, un cloître (XIVe s.) avec de remarquables fresques et de nombreuses statues et peintures.
    Plus loin, le village s'étend de part et d'autre de la route qui suit la Dranse. Des forêts puis des alpages s'étagent sur les versants dominés par les sommets des monts de Grange et Chauffé.
    Les villageois se consacrent toujours à l'élevage des vaches laitières et à la production du délicieux fromage d'Abondance.
    On peut d'ailleurs visiter une ferme traditionnelle et assister à la fabrication du fromage.
    De nombreuses activités sont offertes aux visiteurs : ski de piste, ski de fond en hiver, excursions en été.
    C'est dans cette haute vallée d'Abondance qu'on trouve les plus belles demeures paysannes des Alpes françaises, vastes maisons-chalets au soubassement de pierres et aux murs de bois, agrémentées de balcons ouvragés et de larges toits d'ardoises ou d'ancelles, ces petites miles plates de bois typiques de la région.

    Samoëns. Les habitants de Samoëns ont adopté, dès le XVIe siècle, des armoiries qui allient à la pourpre et à l'or du Faucigny un sapin vert surmontant sept sommets : les sept montagnes qui entourent le bourg.
    Sa vocation touristique a été facilitée par la rapidité des accès vers une station qui, à 714 mètres d'altitude, dessert un très vaste domaine skiable.
    La petite cité a gardé son cachet traditionnel et la vie locale anime la jolie place avec sa fontaine et son lavoir. On y admire la collégiale du XVIe siècle, au clocher roman carré et massif, au porche armorié et au baptistère gothique flamboyant. A l'intérieur, bénitier de marbre noir, chaire du XVIIe siècle et statue en bois polychrome de la même époque. Tout à côté, le presbytère, dont la façade s'orne d'un savant cadran solaire, les halles de la Grenette (XVIe-XVIIIe s.) et, transformée en mairie, l'ancienne maison forte des seigneurs de Gex, Samoëns s'enorgueillit aussi de ses belles maisons de pierres construites par les maçons du village - à la renommée méritée et reconnue depuis le XVIIe siècle - et de son vieux tilleul qui ombrageait déjà la place à la fin du Moyen Age.
    Tout autour, dans les hameaux avoisinants, on peut admirer de nombreuses constructions remarquablement conservées et décorées de balcons et ornements en bois ouvragé.

    Argentière. Majestueusement dominée par le glacier d'Argentière, enserré entre le massif de la Verte (4122 m), les aiguilles d'Argentière (3902 m) et celles du Chardonnet (3824 m), les maisons du bourg se pelotonnent autour de l'église.
    Oubliez les constructions navrantes éparpillées ici et là, passez le pont sur l'Arve pour découvrir le vieux hameau, ses quelques chalets, ses chemins pittoresques partant à l'assaut de la montagne, son cimetière et son église du XVIIIe siècle.
    Les villageois l'ont bâtie de leurs mains, fournissant matériaux et corvées. La flèche élancées de son bulbe aux écailles de fer-blanc mordoré s'élève sur une tour à pans ciselés, ceinturée d'un balcon de bois finement ajouré.
    L'intérieur s'illumine des ors d'un retable baroque rapporté d'Italie au XVIIIe siècle et s'enrichit d'un beau décor d'autel et d'un grand panneau peint, L'Adoration des Mages. C'est l'un des plus beaux sanctuaires du pays du mont Blanc.
    Construit à une altitude plus élevée que Chamonix, Argentière profite d'un meilleur ensoleillement et c'est, bien sûr, un important centre d'alpinisme et de sports d'hiver.

    Villages de France

    Christophe GILBERTON
    Source : Douce France, les plus beaux villages - Editions du Chêne
     

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